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«J’envisage ma pratique comme une succession d’enregistrements.

À travers la gravure, j’essaie de capter les empreintes du corps.
Ses gestes, ses déplacements.
Où se situe la frontière entre une surface et son empreinte ?
Entre un geste et sa trace ?
C’est au creux de cette dualité que se situe ma recherche.»

Pointe - sèche / dry point

Ici le corps se confronte avec le métal.

 

C’est une danse, longue et patiente, un dialogue inégale.

 

Le temps coule sur  le geste, le souffle et la mémoire.

Mes pointes-sèches sont le résultat de longues performances. Le corps répète durant des heures le même geste, l’outil vient inlassablement creuser le métal. Cette répétition est à l’image d’une société où le travail se déconnecte du sens, devient aliénation.

 

Pourtant, ce combat avec la plaque de métal se transforme doucement en union lorsque le papier vient saisir l’empreinte. Alors, la douceur de la ligne apaise la violence de l’action et appelle l’imaginaire à se projeter ailleurs, entre le vide et le plein.

« Dans cette fixation, mieux dans cette célébration d’un mouvement, maniant un outil adapté, inventé et fabriqué même par l’artiste pour servir son dessein, comment ne pas penser à la noblesse du geste maîtrisé de l’ouvrier soucieux du bien faire ? Comment ne pas penser aussi aux gestes répétés, eux souvent vides de sens, de ceux qui travaillent devant une machine, à l’usine ou au bureau ?
Plus généralement même, comment ne pas penser à ce qui fait notre vie à tous, tournant sur elle-même, répétant des gestes, épuisant le temps.»

Extrait de l’article : Valentin Capony ou la dynamique du geste de Philippe Brunel pour le site Rhône estampes
(http://www.rhonestampe.fr)

MONOTYPES

Il y a l’encre, là sur la plaque.   

Le corps glisse, s’agrippe, se noie dans l’encre.   

Et ça fait de lourds bourrelets gras et visqueux, on pense que le corps va disparaître.   

Mais il continue, le corps, à avancer,   Tordu, plié,   

Perdu dans le sillage qu’il fait    

Dans le noir de l’encre, 

Il y a de grandes tâches de lumière.

Cette série est le résultat de la captation de gestes directs effectués sur des plaques recouvertes d’encre. Ramper, chuter, glisser, danser.

    Ce travail exprime une tension : d’une part l’immédiateté du mouvement, du corps libre, du geste lâché et de l’autre la frontière de l’image, sa force immuable et figée. Le voyage de notre regard sur la surface imprimée vient recréer le geste et faire le lien entre ses deux états de la matière.

Collapse /

la chute

Alors,

On a pris des gestes, des masses, des foules,
On a regardé les choses autour de nous s’effondrer.

Alors,
On a pris des couleurs, des calques, des humeurs,
On a regardé un feu d’artifice sur papier.

COLLAPSE est une série réalisée en 2019 autour du geste de chuter.

La CHUTE est une série en cours de production. Elle est réalisée en partenariat avec deux performeuses: JULIETTE OTTER et MATHILDE KLUG. La réalisation d’une oeuvre vidéo autour du projet est confiée à DOUNIA JAUNEAUD.

 

FROTTAGES - La radieuse

ROMA - residence academia belgica

Comment rendre compte d’un voyage ?


Quel est notre rapport à une ville, à ses paysages ?


Comment se construit la mémoire au sein du flot d’images touristiques ?


 

Le projet Roma est un ensemble de 10 gravures réalisées lors de ma résidence à l’Academia Belgica en Juillet 2017.  

 

Chaque jour partir avec une plaque de gravure, ne pas avoir de cartes. Marcher, déambuler dans la ville de Rome et graver sur cette plaque toutes les images de la villes, accumuler tous les paysages traversés pour recomposer un paysage nouveau.

    Par ce processus j’essaie d’interroger notre rapport au voyage, au regard et au temps. L’instantanéité de la photo se confronte au fastidieux travail de gravure. La ville de Rome figée dans les plaques s’est muée en une ville imaginaire, un paysage mental de la promenade qui fait paradoxalement échos aux prisons imaginaire gravée par Piranesi.